Peithan Aaron d'Hamiton (Dragonlance)

Ici on pourrait recueillir les backgrounds de tous nos persos ca pourrait etre sympa...

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Exar
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Peithan Aaron d'Hamiton (Dragonlance)

Message par Exar »

Ruminant sur sa dernière rencontre avec l’aïeul… Pourquoi vouloir s'expliquer, se présenter pensait-il, nous ne sommes pas ce que nous disons mais ce que nous faisons. Les paroles sont nécessaires bien évidement mais néanmoins il est certain qu'elles ne suffisent point à nous décrire et à comprendre nos actes. Ceux-ci sont vrais, beaux et incontournables, ils sont l'essence de notre être, c'est par eux que nous vivons et existons. Alors je pourrais dire que je suis Peithan, l'ombre d'Hamilton mais il est certain que cela ne signifierait rien alors à quoi bon...

L'art de la tromperie et de la duperie est nécessaire et profitable pensait-il, parfois même aussi jouissif que celui-là même de l'assassinat mais c'est certainement la mixité des deux qui procure le plus de satisfaction...

L'homme continuait son chemin, épuisé par ce long périple fait de combats, de discours et de courses... il marcha ensuite jusqu'à la taverne, y loua une chambre et s'affala sans un mot sur le lit.
Il ne tarda pas à tomber dans un profond sommeil...

Lueurs d'un autre temps, ténèbres d'une époque passée... Si longtemps, oui il y a si longtemps... Il était encore jeune, il était innocent... Non, pas innocent, ignorant plutôt... Oui c'est ça, juste ignorant....

Son premier meurtre... si lointain, brumeux, impalpable... un souvenir....

Il se souvenait:

La nuit, encore et toujours la nuit... il marchait d'un pas tranquille vers sa demeure, et qu'elle était belle sa demeure ! Lourde masure de pierres irrégulières mais si esthétique, un toit de paille séchée, séchée à la faveur d'un jour qu'il n'avait pas contemplé depuis si longtemps. Toujours éclairée, oui sa demeure était toujours éclairée, comme en antithèse avec sa vie, son existence si sombre, si solitaire....
A travers les épais carreaux il pouvait la deviner, elle, sa femme, celle qui lui avait tant apporté, celle à qui il devrait prendre la vie sans même hésiter...

Dure tâche que de prendre la vie de quelqu'un qui a tant donné, dure mais nécessaire... Il lui avait dit, oui sa voix si rauque...


"Sans doute hésiteras tu avant d'accomplir ce geste, sans doute ta conscience te tourmentera après l'avoir accomplit, mais au moment même où tu lui trancheras la gorge, rien dans ton esprit tu ne devras laisser paraître. Un esprit pur a toujours pour conséquence un acte pur, et donner la mort doit être un acte pur..."


Leitmotiv infernal qui le hantait depuis quelques heures déjà... Sa femme, Elle, oui.... elle devait mourir, c'était nécessaire à l'accomplissement de son destin.... Ne pas hésiter, la peur tue l'esprit... ne pas regretter, la conscience affaiblit.... Un geste vif, oui vif comme les éclairs du printemps ombrageux. Tranchant et vif...
L'air hagard il contemplait étrangement la lame, Sa lame... Celle qui prendrait et le libèrerait.

Il poussa doucement la lourde porte d'ébène, tous ses sens tournés uniquement vers ce qu'il devait faire, vers son but.Il s'avança sans aucune expression vers la cuisine, là où elle devait être...
Il l'imaginait déjà, lui tournant le dos, fredonnant un air, et s'afférant à ses taches coutumières avec la bonne humeur qui la caractérisait tant.
Elle ne l'entendrait même pas, ni ne saurait que c'était son propre époux qui lui trancherait la gorge. Non, elle n'aurait pas le temps de comprendre...

Il s'accrochait à cette unique idée comme le marin qui s'accroche aux ruines de son bateau, comme le pauvre qui s'accroche à l'unique pièce de bronze qu'il possède.

Il poussa de la main le rideau qui protégeait l'entrée de la cuisine, tenant fermement sa lame.
Sa femme était là, elle s'était retournée vers lui, souriante mais avec une certaine lueur d'inquiétude dans le regard. *Un regard de bête traquée*

Sans mot dire il s'approcha d'elle, il pouvait sentir son souffle léger lui tourmenter le visage. Il la scrutait avidement, droit dans les yeux...

"Tu ne dois craindre rien d'autre que toi-même.."
Toujours cette même voix rauque...

Il atteignit sa femme à la gorge en un geste précis et vif, sa lame tranchant si vite la peau tendre qu'on aurait dit qu'il l'avait raté. Une expression de surprise brûla le visage de son aimée alors que le sang gicla de sa gorge béante, aspergeant au passage son visage.
Pourtant elle restait debout, comme pour renoncer à ce qui lui arrivait, mais à mesure que la vie quittait ses yeux noisette elle tombait, encore et toujours.... Vaste précipice sans âme.... Noir absolu... La Mort....

Il la regardait, droit, souverain, se vider de son sang comme une truie.... le sang, tant de sang...

Un sourire aux lèvres, il appréciait son premier meurtre comme l'on apprécie la première fraise de l'année...

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